Citations

hummingbird, bird, nature«N’écoutez pas les paroles des prophètes qui vous prophétisent. Ils vous entraînent à des choses de néant, ils disent les visions de leur propre cœur, et non ce qui sort de la bouche de l’Eternel.»

(Ancien Testament, Livre de Jérémie, XXIII, 16), cité par C.G. Jung en latin à la première page de la deuxième partie du Livre Rouge, Liber Secundus, «Les Images de l’Errant».

Et Jung poursuit par une deuxième citation du Livre de Jérémie :

«J’ai entendu ce que disent ces prophètes qui prophétisent en mon nom le mensonge, disant: ‹J’ai eu un songe; j’ai eu un songe!› Jusques à quand ces prophètes veulent-ils, ces prophètes, prophétiser le mensonge, prophétiser la tromperie de leur cœur ? Ils pensent faire oublier mon nom à mon peuple par les songes que chacun d’eux raconte à son prochain, comme leurs pères ont oublié mon nom pour Baal ? Que le prophète qui a eu un songe raconte ce songe; que celui qui a entendu ma parole rapporte fidèlement ma parole. Pourquoi mêler la paille au froment ? –dit l’Eternel.»

(Jérémie XXIII, 25–28)

Two couples dancing during sunset in a park" J'ai reçu il y a peu de temps une lettre d'une patiente décrivant la transformation nécessaire en termes simples mais pertinents.

Voici ce qu'elle dit : " Du mal il m'est sorti beaucoup de bien. En demeurant calme, en ne réprimant rien, en étant attentive, et, ce qui va avec le reste, en acceptant la réalité — les choses comme elles sont et non comme je voudrais qu'elles soient —, il m'est venu des connaissances singulières, et aussi des pouvoirs singuliers, tels que je n'aurais jamais pu me l'imaginer auparavant. Je pensais toujours que si l'on acceptait les choses, les choses nous dominaient d'une manière ou d'une autre ; mais en réalité il n'en est rien, c'est seulement en les accueillant qu'on peut fixer sa position par rapport à elles. Désormais je jouerai donc le jeu de la vie en acceptant ce que la journée et la vie m'apportent à tout instant, bien et mal, soleil et ombre qui alternent d'ailleurs constamment, et en même temps j'accepte aussi mon être propre avec ce qu'il a de positif et de négatif, et tout devient plus vivant. Que j'étais donc sotte ! et comme je voulais obliger toutes choses à aller à mon idée !"

C.G. Jung, Commentaire sur le Mystère de la Fleur d'Or, p. 66

« Ce changement ne saurait commencer ni par de la propagande ou des meetings monstres, ni par la violence. Il commence par un changement dans les individus. Et il se manifestera par la transformation de leurs penchants, de leurs goûts et dégoûts personnels, de leur conception de la vie et de ses valeurs, et seule une accumulation de telles métamorphoses individuelles amènera une solution collective. L’homme cultivé s’efforce de réprimer en lui-même l’homme inférieur, sans réaliser que, ce faisant, il contraint celui-ci à devenir révolutionnaire. »
C. G. Jung, Psychologie et religion, Paris, La Fontaine de Pierre, 2019, chap. 3.

« Il est vrai que l’écrasante majorité des gens cultivés ne possèdent qu’une personnalité fragmentaire et emploient une quantité de succédanés au lieu de biens authentiques. Or, pour cet homme, être ainsi fragmenté signifiait une névrose et signifie la même chose pour un grand nombre d’autres sujets. Ce qu’on nomme couramment et par habitude la religion constitue un succédané à un degré de fréquence si étonnant que je me demande sérieusement si cette sorte de religion – j’aime mieux l’appeler confession – ne remplit pas une fonction importante dans la société humaine. Manifestement, la substitution tend à remplacer l’expérience immédiate par un choix de symboles appropriés, incorporés dans un dogme et un rituel solidement organisés.

« La religion étant l’une des manifestations les plus anciennes et les plus générales de l’âme humaine, il est évident, par conséquent, que toute psychologie préoccupée de la structure psychologique de la personne humaine se devra à tout le moins de reconnaître que la religion n’est pas seulement un phénomène social ou historique, mais qu’elle constitue aussi, pour bien des humains, une importante question personnelle. Encore qu’on m’ait souvent traité de philosophe, je suis un empiriste et, comme tel, je m’en tiens au point de vue phénoménologique. […]

« Homo homini lupus », « l’homme est un loup pour l’homme », est un truisme amer, mais éternellement valable. L’homme a effectivement toutes les raisons de redouter ces forces impersonnelles qui siègent dans l’inconscient.

« Il est normal pour un homme d’avoir des résistances à l’adresse de son anima, car celle-ci représente […] l’inconscient avec toutes les tendances et les contenus qui avaient été jusqu’alors exclus de la vie consciente. Ils ont été exclus pour nombre de raisons, les unes réelles et qui s’imposaient, et les autres qui semblaient le faire. Certains contenus sont réprimés, d’autres refoulés. En règle générale, les tendances qui représentent l’apport des éléments antisociaux dans la structure psychique de l’homme – ce que j’appelle le criminel statistique en chacun – sont réprimées, c’est-à-dire consciemment et délibérément éliminées.

« Le protestant est abandonné à Dieu seul. Il n’y a pour lui ni confession ni absolution, ni possibilité aucune d’un opus divinum, office divin rédempteur. Il doit digérer seul ses péchés, et il n’est pas trop assuré de la grâce divine qui est devenue inaccessible, faute d’un rituel adéquat. C’est grâce à cette insécurité que la conscience protestante est devenue vigilante, mais cette mauvaise conscience a pris la forme désagréable d’une maladie de langueur qui met les gens dans un état de malaise. Par là, le protestant a une chance unique de prendre conscience de l’idée du péché, à un degré difficilement accessible à la mentalité catholique, car la confession et l’absolution sont toujours prêtes à atténuer une trop grande tension. Le protestant, au contraire, est abandonné à sa tension intérieure, qui peut continuer à aiguiser sa conscience.

« Le point de vue de la branche de la psychologie que je représente […] est exclusivement phénoménologique, ce qui signifie qu’il s’occupe d’événements qui se sont produits, d’observations, d’expériences, en un mot de données. Sa vérité se situe sur le plan des faits et non du jugement. Etudiant, par exemple, le thème de la naissance virginale, la psychologie se borne à constater qu’une telle idée existe, sans se préoccuper de savoir si cette idée est, en un sens quelconque, vraie ou fausse. Psychologiquement, une telle idée est vraie du moment qu’elle existe. Dire d’une idée qu’elle existe psychologiquement entraîne la constatation de son caractère subjectif puisqu’une idée ne se trouve, et ne vit, qu’au sein de l’individu ; mais elle est objective pour autant que l’idée est partagée par le consentement collectif d’un groupe d’une certaine importance. »
C. G. Jung, Psychologie et religion, Paris, La Fontaine de Pierre, 2019.

« Nous ne savons pas si les névroses sont, oui ou non, accompagnées d’un trouble réel des fonctions organiques du cerveau et, si vraiment il s’agit de troubles de nature endocrinienne, il est impossible de dire s’ils ne sont pas davantage des effets que des causes. D’autre part, il est indubitable que les névroses ont des causes psychiques.