« en période de grande détresse ou désorientation, ou au cœur d’un conflit qui ne laisse voir aucune solution, Jung a remarqué qu’un symbole se fait très fréquemment jour dans les rêves ou les fantasmes spontanés de ses patients ; un symbole qui exprime l’unité et la totalité – une figure à quatre cotés ou ronde, qu’il appelle mandala en empruntant ce terme au sanscrit. L’apparition de ce symbole apporte ordre et équilibre intérieur ». (…)

 

« Chaque fois que le Soi se constelle dans l’inconscient d’un être humain, il apporte avec lui une solution unique et créatrice au problème de cet être. C’est un grand bond en avant qui se fait ainsi en direction de la conscience et de la liberté. C’est pourquoi Jung voyait en lui le centre même de chaque être humain. (…) Or le fait que le Soi soit la source de toute créativité a de l’importance non seulement pour l’individu, mais aussi pour la communauté. (…)

 

Plus on s’individualise, c’est-à dire plus on devient véritablement soi-même, son Soi unique, plus on peut entrer en relation avec ses semblables et devenir proches d’eux. Comme Jung l’a souligné, on ne peut accomplir la totalité intérieure que grâce à l’âme, et l’âme de l‘homme ne peut pas exister sans relations d’un individu à l‘autre

Marie-Louise von Franz. 1994, Âme et Archétypes, La Fontaine de Pierre, 2020, pages 383-386