possession« (…) à peine l’inconscient collectif nous touche-t-il qu’on l’est déjà [« perdu en soi-même »], car on devient inconscient de soi-même. C’est là le danger premier déjà connu instinctivement de l’homme primitif (…) Sa conscience est en effet encore incertaine et chancelante. Elle est encore enfantine, émergeant à peine des eaux premières. Une vague de l’inconscient peut facilement le submerger ; il oublie alors qui il était et fait des choses dans lesquelles il ne se reconnait plus lui-même. Si les primitifs ont une telle peur des effets incontrôlés, c’est que la conscience disparait trop facilement au cours de ceux-ci et laisse le champ libre à la possession. C’est pourquoi tous les efforts de l‘humanité tendent à la consolidation de la conscience. C’est à cela que servaient les rites, les « représentations collectives », les dogmes ; c’étaient les digues et les murailles élevées contre les dangers de l’inconscient, les « perils of the soul ». (…)

Dans l'article "Âme et Terre", Jung analyse l'influence de la terre sur l'esprit humain considéré comme un système d'adaptation déterminé par les conditions de l'existence terrestre. Il aborde les deux aspects, conscient et inconscient, de l'esprit, ce dernier aspect étant considéré comme plus vaste et plus chtonien.

Les contenus de l'inconscient collectif, les archétypes, sont considérés comme les fondations cachées de l'esprit humain. Ils sont hérités en même temps que la structure du cerveau ; ils révèlent le lien avec la terre mais aussi avec le passé ancestral qui renferme la mémoire d'expériences répétées à l'infini.

On peut rechercher un conditionnement d'ordre archétypique dans toute réaction sans commune mesure avec sa cause objective. L'analyse d'une frayeur enfantine déraisonnée débouche sur l'examen des thèmes rencontrés dans les contes ; ils illustrent la manière dont la psyché exprime la loi biogénétique selon laquelle l'ontogenèse récapitule la phylogenèse. Cet exemple illustre également les différences entre les points de vue freudien et jungien quant à l'origine des névroses chez les enfants : le premier n'en impute la cause qu'aux instincts sexuels de l'enfant tandis que le second considère l'esprit de l'enfant comme le prolongement psychique des parents.

L'expérience universelle de la Mère et du Père est considérée comme l'archétype le plus structurant chez l'enfant, après lequel celui de l'opposition des sexes est le plus déterminant. De même que de tout temps l'homme a perçu et expérimenté la femme - et vice versa - ainsi l'homme individuel attend de rencontrer la femme. L'examen de l'animus chez la femme et de l'anima chez l'homme précise cette théorie.

PROBLÈMES DE L'ÂME MODERNE,"Âme et Terre"  Paris Buchet Chastel, 1960, (p.39-67).

 

« en période de grande détresse ou désorientation, ou au cœur d’un conflit qui ne laisse voir aucune solution, Jung a remarqué qu’un symbole se fait très fréquemment jour dans les rêves ou les fantasmes spontanés de ses patients ; un symbole qui exprime l’unité et la totalité – une figure à quatre cotés ou ronde, qu’il appelle mandala en empruntant ce terme au sanscrit. L’apparition de ce symbole apporte ordre et équilibre intérieur ». (…)

L’année 2021 débute avec un Conseil Pédagogique presque entièrement nouveau qui m’a fait l’honneur de m’élire comme Présidente. Je connais le groupe Jung depuis très longtemps et il me tient, ainsi qu'à l'ensemble de l'équipe, très à cœur de le faire revivre sous une nouvelle impulsion.