DE PROMETHEE A WOTAN : REGARD JUNGIEN SUR LE MONDE CONTEMPORAIN

Par Chrystel Delaigue le 9 Février 2016


La problématique du mal prend toute sa place, toute son ampleur, dans l’œuvre jungienne à partir des années 40. S’il distingue un mal relatif d’un mal absolu, il marque également une césure entre les plans individuel et collectif. Or, le collectif a été marqué de guerres, de massacres et de formes en « - ismes » tel qu’il le dénonce. Aussi, réfléchir sur le mal dans ce qu’il a de non relativisable conduit à se demander comment on peut encore penser le collectif? Plus encore, Jung rappelle combien la masse abêtit l’individu l’installant dans une norme médiane, voire médiocre. Si les systèmes politiques et religieux peuvent être redoutables, le phénomène des grandes villes, certaines représentations psychologiques et scientifiques le sont tout autant.
Aussi, penser en termes d’individuation pourrait être la voie par laquelle la notion d’individualisme ne se résout pas à celle d’un égoïsme, non plus qu’elle enferme dans la dualité corps-esprit, en retrouvant une troisième plan, celui de l’âme. Il semble bien en effet, que si le collectif est le lieu privilégié du mal absolu par des phénomènes tel que celui de la subjugation, alors le défi psychique est à engager par d’autres voies, allant du sujet à l’entre soi. En cette première moitié du 21è siècle, l’héritage jungien résonne peut-être plus encore...