081 - C .G . JUNG : ANALYSE ET RELIGION

Par Elie G. Humbert en Juin 1981


La démarche propre à Jung dans la problématique du rapport entre l'analyse et la religion a pour point de départ le constat : « La vie a quitté les églises », en écho au mot de Nietzche : « Dieu est mort ».

La critique des religions-qui privilégient la croyance par rapport à l'expérience personnelle - et de la théologie - qui prétend dispenser des vérités métaphysiques - laisse un vide qui entraîne la dépression, le refuge dans des idéologies aliénantes, l'enfermement en soi-même.

Quelles réponses à la perte du discours qui fait sens ?

Sur la voie empruntée par Jung dans sa recherche, la première étape est la découverte de son propre symbole. Mais y aurait-il complaisance, possession par l'anima et l'animus ?...

A chaque jalon, la critique repart et l'interrogation se relance jusqu'à l'expérience d'une transcendance par rapport à notre conscience, qui se vit comme une voix intérieure ... « I don't believe, I know ».

Rappelant l'influence de maître Eckart, Elie Humbert aborde les notions « d'archétypes », « d'organisateurs inconscients », de psychoïde, et conclut par la citation des dernières phrases de « Ma vie » , où Jung évoque les sentiments qui ont crû en lui et l'emplissent dans le grand âge : celui de « l'éternel dans l'homme » et de sa « parenté avec les choses »...