295 - JUNG ET LE PÈRE

Par Aimé Agnel en Juin 1994


Aimé AGNEL procède à un retour sur les différentes formes et conceptions de l'image du père dans les œuvres de JUNG et de FREUD. Pour FREUD, un « grand homme » pour JUNG, un « Logos s'arrachant à l'obscurité du sein maternel ». Aimé AGNEL décrit le développement de la personnalité en convoquant l'image originelle du père et le père réel. Ainsi, après la rivalité œdipienne de FREUD se dessine la perspective du parachèvement de l'œuvre du père que JUNG voit se dérouler sur le chemin de l'individuation. Aimé AGNEL retraverse la littérature scientifique et biographique des deux géants en mettant en lumière l'archétype du père comme élément à l'intérieur de l'homme non subordonné au moi. De là découle pour l'homme la nécessité d'être animé d'une pensée rationnelle doublée d'une âme primitive comme deux pôles opposés indispensables à la vie. Aimé AGNEL montre l'évolution de JUNG et de sa pensée au fil de ses rapports aux figures paternelles; de son père réel à PHILEMON en passant par FREUD. Ainsi la dimension rétrospective de la psychanalyse se voit complétée par celle du devenir que JUNG découvre dans le Taoïsme avant de parvenir à un équilibre lors de sa rencontre avec l'alchimie. L'auteur montre comment la conception jungienne du Soi comme logos filial et engendré subit un bouleversement dans la pensée de JUNG en devenant « père » qui engendre le « fils ». Une libération de la dépendance paternelle qui signe pour l'homme la capacité de transmettre au collectif et d'accompagner autrui dans les dédales du processus d'individuation.