lecri trouble"Pour des motifs d'ordre pratique, la psychothérapie médicale se doit d'envisager l'âme dans son ensemble . Aussi lui faut-il tenir compte de tous les facteurs qui influencent la vie psychique de façon déterminante et engager le débat avec chacun d'eux. il s'agit, d'une part, de facteurs biologiques et, d'autre part, de facteurs sociaux, intellectuels et spirituels. Des temps aussi foncièrement troublés que notre époque — avec ses passions politiques déchaînées, ses chambardements d'Etats et de frontières qui frisent au chaos, sa conception des choses ébranlée jusque dans ses fondements — influencent si puissamment les décours psychiques de l'individu que le médecin se voit contraint d'accorder une attention accrue aux interférences suscitées dans l'âme de ses patients par les contingences de l'actualité.

archetypeLes forces agissantes d'un mouvement psychologique de masses sont de nature archétypique. Or, tout archétype procède de ce qu'il y a de plus haut et de plus bas, contient du bon et du mauvais. Par suite, il est susceptible d'exercer les effets les plus contradictoires et c'est pourquoi il est impossible de déterminer de prime abord s'il aura des conséquences positives ou négatives.

« Homo homini lupus », « l’homme est un loup pour l’homme », est un truisme amer, mais éternellement valable. L’homme a effectivement toutes les raisons de redouter ces forces impersonnelles qui siègent dans l’inconscient.

« Nous ne savons pas si les névroses sont, oui ou non, accompagnées d’un trouble réel des fonctions organiques du cerveau et, si vraiment il s’agit de troubles de nature endocrinienne, il est impossible de dire s’ils ne sont pas davantage des effets que des causes. D’autre part, il est indubitable que les névroses ont des causes psychiques.

« Il est normal pour un homme d’avoir des résistances à l’adresse de son anima, car celle-ci représente […] l’inconscient avec toutes les tendances et les contenus qui avaient été jusqu’alors exclus de la vie consciente. Ils ont été exclus pour nombre de raisons, les unes réelles et qui s’imposaient, et les autres qui semblaient le faire. Certains contenus sont réprimés, d’autres refoulés. En règle générale, les tendances qui représentent l’apport des éléments antisociaux dans la structure psychique de l’homme – ce que j’appelle le criminel statistique en chacun – sont réprimées, c’est-à-dire consciemment et délibérément éliminées.

« La religion étant l’une des manifestations les plus anciennes et les plus générales de l’âme humaine, il est évident, par conséquent, que toute psychologie préoccupée de la structure psychologique de la personne humaine se devra à tout le moins de reconnaître que la religion n’est pas seulement un phénomène social ou historique, mais qu’elle constitue aussi, pour bien des humains, une importante question personnelle. Encore qu’on m’ait souvent traité de philosophe, je suis un empiriste et, comme tel, je m’en tiens au point de vue phénoménologique. […]