JUNG ET LA MODERNITE

Par Chantal Delacotte le 11 Avril 2017


Cette conférence fait suite à celle de l’an dernier sur le thème "Jung en quête des racines premières : les anthropologies jungiennes". Cette fois, la question posée concerne Jung et sa position envers les facettes de la modernité. Dans ses travaux de recherche en Amazonie, Philippe Descola – titulaire de la chaire d’anthropologie au Collège de France, a fait une synthèse qui offre dans son ouvrage Par-delà de la nature et culture (2005), la composition des trois mondes différents qui existent en nous : l'analogie, le totémisme et la modernité.

La pensée analogique établit des relations et met en correspondance des objets différents (dans une forme de fusion, l’arbre est joyeux car je suis joyeux). S'ensuit le totémisme qui met en valeur des relations (avec autrui, avec les animaux, avec la nature) porteuses de symboles forts (un animal totem par exemple).

Avec la modernité, mot forgé au 19e siècle, arrive l'anthropologie naturaliste, une construction culturelle qui différencie l’humain du monde, en dehors de tout le reste. Dans ce dualisme nature/culture, l’intériorité est réservée à l’humain, le monde est réifié et les lois de l’univers sont considérées comme extérieures. Temps linéaire et progrès vont alors de pair.

Il semble que Jung vienne puiser à ces trois sources différentes pour offrir une vision complète, riche et complexe du monde, et ainsi contribuer à l’analyse de notre temps, du collectif et des individus.