L'expérience mystique est définie par le néo-platonicien Denys l'Aéropagite comme constituant "cette parfaite connaissance de Dieu qui s'obtient par ignorance en vertu d'une incompréhensible Union". Elle implique le dépassement de l'ordre logique et se place au-delà de la compréhension philosophique.

Deniys l'Aéropagite introduit la mystique du "Rien" qui sera reprise au Moyen Age par maître Eckart et ses disciples rhénans. L'expérience du Rien se rapproche de celle que les Orientaux appellent "expérience du Vide".
Après avoir fait un rapprochement partiel entre ces expériences mystiques et l'expérience jungienne du Soi, Luigi Aurigemma en établit la différence fondamentale.

A partir du "Rêve de Liverpool" cité par Jung dans ses mémoires, Luigi Aurigemma définit le terme "Soi" comme l'image de "Dieu dans l'homme" et, s'appuyant sur un texte tiré du "Commentaire sur le Mystère de la Fleur d'Or", il introduit les notions jungiennes de "versant ultra-violet" et de "versant infra-rouge" du Soi. Il caractérise l'expérience du Soi telle que peut la ressentir un "Moi individué" comme une expérience unificatrice comprenant la totalité des couches d'être.