Autour de 1910, Jung, s’étant désolidarisé de la psychanalyse de Freud et de sa compréhension essentiellement biologique de l’homme, s’orientait vers une conception de la libido vue comme une dialectique infinie de forces opposées, émanant d’un centre qu’il devait appeler le « Soi ». Cette recherche était en résonance avec l’image de l’univers donnée dans les textes religieux de l’Orient, dont des lectures jungiennes paraissent dans les années 1920.

A partir de citations du Commentaire du Bardo- Thodol, Luigi Aurigemma met en lumière le fait que Jung reconnaît dans les puissances divines dont parle ce texte les puissances intérieures et nomme la psychologie analytique : « processus d’initiation », et il attire l’attention sur le sens du mot : « Vide ».

Des extraits du Commentaire sur le mystère de le fleur d’or lui permettent d’évoquer « l’expérience libératrice du Tao », « l’Ananda » dont la possibilité est pourtant soumise à la prise de conscience et au respect des exigences vitales.

Enfin, définissant de façon globale « la spécificité historique de l’Occident » et « l’axe de la démarche orientale », il situe le clivage entre les philosophies orientales et le mythe de Jung, qui demeure profondément enraciné dans la culture occidentale.