LE BEBE DANS LE TRANSFERT

Par François Martin-Vallas le 6 Novembre 2002


François MARTIN-VALLAS mène une réflexion originale sur les situations cliniques au cours desquelles l'analyste se voit privé de sa capacité de penser. En revisitant le concept Winnicottien d' « agonie » du nourrisson et de sa mère, concept désignant des situations de vie entravées par quelque chose d'immuable, d'irreprésentable et de sans solution, l'auteur mène une incursion dans le soi primitif du nourrisson considéré comme une personne qui rencontre les états affectifs de sa mère jusque dans sa vie intra-utérine. L'observation clinique du bébé seul, sans prendre en compte le rapport à la mère apparaît comme une abstraction dénuée d'objectivité à laquelle il conviendrait d'opposer le concept de couple Mère / Enfant, conforme à la réalité empirique. L'auteur décrit les processus dynamiques au cours desquels le soi du bébé subit des pertes d'équilibre qu'il cherche à rétablir par des mouvements transférentiels impliquant sa mère dont la réponse conditionne la vie et le développement du petit être. L'analyse de François MARTIN-VALLAS le conduit à faire l'hypothèse de l'origine du sentiment de honte. L'échec du geste spontané du nourrisson vers sa mère, source de souffrance et de désillusion pourrait conduire à la situation autistique dans laquelle le monde n'existe pas ou seulement comme facteur terrorisant. C'est ainsi qu'en reliant la vie psychique du nourrisson à la clinique de l'adulte, François MARTIN-VALLAS propose une nouvelle lecture du « silence dans l'analyse » comme un besoin de relancer un processus insuffisamment vécu par le bébé.