archetypeLes forces agissantes d'un mouvement psychologique de masses sont de nature archétypique. Or, tout archétype procède de ce qu'il y a de plus haut et de plus bas, contient du bon et du mauvais. Par suite, il est susceptible d'exercer les effets les plus contradictoires et c'est pourquoi il est impossible de déterminer de prime abord s'il aura des conséquences positives ou négatives.

chaos« De même que les mouvements chaotiques qui s’entrecroisent réciproquement au sein d’une masse aspirent à une volonté dictatoriale qui leur assignera une direction commune, de même l’état dissocié a besoin d’un principe ordinateur et directeur. La conscience du moi voudrait bien statuer que c’est sa propre volonté qui jouera ce rôle, allant en cela jusqu’à perdre de vue l’existence de puissants facteurs qui déjoueront et contrecarreront de la façon la plus sure, cette intention. Or si le but de la synthèse doit être actualisé et atteint, la nature de ces facteurs doit d’abord être reconnue et acceptée. Le moi conscient doit en faire l’expérience à défaut de quoi doit jaillir un symbole numineux qui les exprime et qui soit susceptible de les acheminer vers la synthèse »
C.G. Jung, 1957, Présent et Avenir - De quoi l’avenir sera-t-il fait, Denoël Gonthier, 1962, p. 90

possession« (…) à peine l’inconscient collectif nous touche-t-il qu’on l’est déjà [« perdu en soi-même »], car on devient inconscient de soi-même. C’est là le danger premier déjà connu instinctivement de l’homme primitif (…) Sa conscience est en effet encore incertaine et chancelante. Elle est encore enfantine, émergeant à peine des eaux premières. Une vague de l’inconscient peut facilement le submerger ; il oublie alors qui il était et fait des choses dans lesquelles il ne se reconnait plus lui-même. Si les primitifs ont une telle peur des effets incontrôlés, c’est que la conscience disparait trop facilement au cours de ceux-ci et laisse le champ libre à la possession. C’est pourquoi tous les efforts de l‘humanité tendent à la consolidation de la conscience. C’est à cela que servaient les rites, les « représentations collectives », les dogmes ; c’étaient les digues et les murailles élevées contre les dangers de l’inconscient, les « perils of the soul ». (…)

detresseinfantileDes imaginations et fantasmes infantiles refoulés ou n’ayant jamais accédé à la conscience s’activent dans « une situation de détresse du conscient », nous dit Jung. Il ajoute que ces imaginations ne sont perturbantes, voire pathologiques, que lorsqu’elles surgissent dans des conditions qui débordent les capacités conscientes de la personne et qui troublent l’équilibre psychique. C’est ainsi que le social peut être tout aussi traumatique qu’une enfance gravement perturbée et maltraitée par l’atmosphère consciente et inconsciente de l’environnement familial. Et bien souvent le trauma social résonne avec celui de l’enfance.